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Mise à jour : 10 février 2013

Le Havre, horreur architecturale ?

Le Havre | 10 août 2007


Le Havre n’a pas bonne réputation. Reconstruite après la guerre de 45 par l’architecte Auguste Perret sur un modèle « rationnel communiste », la ville a longtemps été considérée comme une horreur architecturale. Mais voilà qu’en 2005, cette architecture méprisée a été classée par l’UNESCO au patrimoine mondial... Il est vrai qu’entre-temps, la France a connu des horreurs architecturales bien pires ! La municipalité a déployé beaucoup d’efforts pour faire de la ville un cadre agréable...

Vue de la chambre de mon hôtel. Au loin, en blanc, la maison de la culture d'Oscar Neimeyer et le clocher de l'église.

Vue de la chambre de mon hôtel. Au loin, en blanc, la maison de la culture d’Oscar Neimeyer et le clocher de l’église.

J’ai découvert Le Havre un peu par hasard. Je cherchais sur Internet une location pour passer quelques jours en août à Cabourg. Las ! Tout était pris et le site m’a proposé une chambre au Mercure... du Havre ! Passer mes vacances au Havre ?!? Dans un port industriel ? J’ai eu un mouvement de recul et puis je me suis dit « Pourquoi pas ? » !

L’hôtel Mercure en question a une très belle vue sur un des bassins du Havre. Au loin, on aperçoit la maison de la culture dessinée par Oscar Neimeyer. Le haut clocher de l’église moderne se dresse à l’horizon.

L’architecture d’Auguste Perret

L’attraction du Havre, c’est naturellement son architecture. Elle a été classée en 2005 au patrimoine mondial par l’UNESCO, ce qui a conduit à un regain d’intérêt pour cette ville meurtrie et de mauvaise réputation.

Un peu d’histoire : port très important pendant la Second Guerre mondiale, Le Havre ne devait pas tomber entre les mains des Allemands. Les Anglais l’ont donc bombardé et ont détruit une grande partie du centre ville, jusqu’à la mer.

À la fin de la guerre, un architecte parisien, Auguste Perret, est choisi pour procéder à la reconstruction de la partie détruite pendant que la population vit dans des baraquements. Il faut faire vite. Auguste Perret dessine un élément type en béton préfabriqué qu’il reproduit à l’infini pour tous les immeubles. Ce qui donne au Havre un côté très monotone. Pour ne pas ajouter au traumatisme des Havrais, il respecte en grande partie le plan ancien de la ville. Ainsi, le nouvel hôtel de ville est construit à l’emplacement de l’ancien.

L’artère principale

La grande artère principale qui traverse la ville.

La grande artère principale qui traverse la ville.

Le nouveau Havre est traversé par une grande artère austère, un peu « stalinienne », il est vrai, qui est bordée d’un parc, et débouche sur la mer en passant par deux hauts bâtiments qui forment la célèbre « porte Océane ».

L’église

On ne peut pas passer au Havre sans visiter son église. Une merveille d’architecture qu’Auguste Perret ne verra pas finie...

L’appartement témoin

Ces constructions, bien que ressemblant aux HLM dont la France va se couvrir après guerre, sont en fait destinées à des propriétaires aisés, des industriels du port, des capitaines. Elles bénéficient de tout le confort « moderne » de l’époque, comme je le constate lors ma visite d’un appartement témoin où l’on a rassemblé le mobilier, les accessoires de cuisine et l’électro-ménager des années 50. Une vraie plongée dans mon enfance !

Le plan de cet appartement est vraiment astucieux, avec un accès direct à la cuisine, qu’on appelle alors « laboratoire ». À la circulation principale - entrée, séjour à droite, chambres à gauche - s’ajoute une circulation parallèle au fond de l’appartement entre la chambre des parents, la salle de bain, qui a 3 portes, et une petite pièce attenante au séjour qui peut servir de chambre pour un nouveau-né. Malin !

L’architecture ancienne

La ville n’a pas été détruite entièrement et il reste dans certains quartiers, y compris en bord de mer, de très beaux immeubles. Et les architectes d’aujourd’hui s’attachent à conserver ces façades quand ils rénovent un bâtiment.

La plage

Les Havrais font l’aller et le retour sur la promenade devant les consommateurs des restaurants allongés dans des chaises longues.

Outre la découverte de cette architecture très spéciale d’Auguste Perret, la ville me réserve une surprise, sa plage. Certes, elle est couverte de galets, mais ses aménagements sont très agréables. Une multitude de petits restaurants la longent, des cabines de bains sont sagement alignées sur le bord de la promenade. Toutes sortes d’activités sont prévues pour tous les âges et tous les goûts : fête foraine, grande fosse pour les skates, les vélos et les rollers, piscines pour les tout-petits, terrains de volley-ball, aires de jeux pour les enfants.

Des chaises-longues sont installées devant les restaurants, si bien qu’on peut s’y asseoir l’après-midi pour boire une bonne bière en regardant les passants faire des allers et retours sur la promenade. Franchement, le bonheur à 2 heures de Paris !

Je ne m’imaginais pas trouver dans cette ville un tel lieu. J’adore ! Les touristes se précipitent plutôt à Cabourg, Deauville, Trouville ou Honfleur, qui sont inabordables en plein mois d’août ; ici, je profite de la même mer, du même soleil, mais tranquillement, sans embouteillages, sans problèmes de stationnement, sans cohue. Et je peux m’adonner à mon passe-temps estival favori : déguster face à la mer un plat de moules-frites avec un petit vin blanc frais !

Musée André Malraux

Autre lieu très intéressant du Havre, le musée André Malraux, qui contient une très belle collection de toiles impressionnistes, parmi lesquelles le fameux « Parlement, coucher de soleil » de Claude Monet.

Ce n’est pas une surprise que ce musée soit consacré aux impressionnistes. Claude Monet, un des fondateurs de ce mouvement, est né au Havre. Il y a passé de nombreuses années et a beaucoup peint sa ville et la ville d’Étretat toute proche. Un de ses tableaux les plus célèbres, Impression, soleil levant (Photo), représente d’ailleurs le port du Havre.

On connaît l’anecdote : la tableau devait s’appeler Marine, mais un des amis de Monet lui demande de changer de titre. Monet lance, peu inspiré : « Impression, soleil levant ». Peu après, le tableau est exposé à Paris et un critique d’art, Louis Leroy, voulant ironiser sur le mouvement pictural qui est en train de naître, rebondit sur le titre et « traite » ces peintres d’ « impressionnistes ». Et voilà comment ce critique, à l’insu de son plein gré, a baptisé le mouvement...!

’Impression, soleil couchant’ de Claude Monet. Port du Havre.

Face au musée, le port du Havre.

Abbaye de Graville

La seule curiosité historique de la région est l’abbaye de Graville. Bon.

Par la suite, j’ai entraîné nombre de mes amis au Havre. Tous avaient un préjugé défavorable sur cette ville. Et tous ont été agréablement surpris par la qualité des aménagements en bord de mer et le dynamisme de la municipalité. Ils sont repartis enchantés de leur journée. Tous ont eu cette réflexion : « Je ne pensais vraiment pas que Le Havre était comme ça ! »...

Le Casino du Havre. Son restaurant a une excellente réputation.

Le Casino du Havre. Son restaurant a une excellente réputation.

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Publié le 28 décembre 2012
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