Voyages // En France

L’énigme de l’abbaye Saint-André-de-Sorède

24 août 2012 //

Petite visite de quelques abbayes proches de mon lieu de villégiature dans les Pyrénées-Orientales cet été. Celles de Saint-André-de-Sorède et de Saint-Génis méritent un détour, de même que celle d’Arles-sur-Tech toute proche. Saint-André possède en plus une maison de l’art roman...! Alors...

L’église Saint-André-de-Sorède

L’église Saint-André-de-Sorède, appelée en Catalan Sant Andreu de Sureda, du nom de la ville voisine de Sorède, est située sur la commune de Saint-André dans les Pyrénées-Orientales. Elle fut construite aux Xè et XIè siècles. C’est tout ce qui reste de l’abbaye qui avait été construite en 800. À cause de sa proximité avec l’abbaye de Saint-Génis-des-Fontaines toute proche, l’abbaye de Saint-André périclita peu à peu au point de ne plus compter que quatre moines au XIIIè siècle.

Il ne reste rien ou presque du cloître et il est probable que certains éléments ont été déplacés dans d’autres cloîtres, comme celui de Saint-Genis-des-Fontaines.

Ce qui est remarquable dans cette église, c’est le linteau en marbre blanc du XIè siècle qui est une des pièces majeures de l’art roman. On retrouve le même à Saint-Genis-des-Fontaines.

L’autre élément remarquable est la présence d’une pierre tombale musulmane dans l’église. Personne ne s’explique vraiment pourquoi et comment elle a atterri là... C’est une énigme.

Un texte dans la maison d’art roman dit :

Le Roussillon et la Catalogne étaient des pays en contact des terres islamiques. Marchandises et objets circulaient, d’autant plus qu’aux Xè et XIè siècles les guerriers catalans ont joué les mercenaires au service des princes musulmans, avant de soumettre ceux-ci au paiement de tributs.
(...)
Plus énigmatique, une stèle funéraire musulmane du XIIIè siècle a été retrouvée dans les maçonneries de l’église de Saint-André, lors des travaux de restauration. Peut-être existait-il, dans les ports ou les principales places commerciales, des cimetières musulmans.

L’église Saint-André est devenue église paroissiale.

Le linteau en marbre blanc situé au-dessus du portail et datant du XIe siècle est une des pièces majeures de l’art roman, similaire à celui de Saint-Génis-des-Fontaines. Il représente un Christ bénissant, entouré de deux anges eux-mêmes entourés de six personnages situés chacun dans un cadre constitué de colonnettes.

Fenêtre de la façade.

Pierre tombale musulmane dans l’église.

L’autel en marbre blanc dont la table semble être d’origine profane et des restes de fresques datant des XIIe et XIIIe siècles.

La commune de Saint-André possède aussi une maison de l’art roman :

Chapiteaux du XIIème s. de l’ancien cloître de Saint André.

Chapiteaux du XIIème s. de l’ancien cloître de Saint André.

L’abbaye de Saint-Génis-des-Fontaines

L’abbaye de Saint-Génis-des-Fontaines est un ancien monastère bénédictin fondé au VIIIè siècle. Son cloître est vendu à un antiquaire au début du XXè siècle, mais il est ensuite réinstallé à son emplacement d’origine ! La pièce maîtresse de l’église est le linteau, semblable à celui de Saint-André, et qui est considéré comme la plus ancienne trace d’art roman.

Le linteau est similaire à celui de Saint-André. C’est la plus ancienne trace d’art roman.

Retable Saint-Michel (XVIIIe siècle).

Quand je suis venu visiter ce lieu, une exposition de sculptures et de peintures était installée dans les galeries du cloître. Je ne suis pas certain d’apprécier ce mélange des genres. On comprend l’intérêt pour les artistes, car ces lieux religieux très réputés attirent les touristes, mais la distinction entre le sacré et le profane est perdue et c’est bien dommage. Notre attention est détournée. Nous voulons plonger dans notre mémoire religieuse très ancienne, et nous sommes ramenés au temps présent quotidien.

L’abbaye Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech

Non loin de là, se trouve une autre abbaye, sur le territoire de la commune d’Arles-sur-Tech, berceau de ma famille...

Cet article vous a plu ? Partagez-le sur Facebook :

Pour être averti par email des nouveautés du site Abonnez-vous !

Commentaires


  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Article suivant >>


Aux origines de ma famille : les Julia d’Arles-sur-Tech

25 août 2012 //

En vacances dans les Pyrénées-Orientales, je n’ai pas manqué de visiter la petite ville d’Arles-sur-Tech, près d’Amélie-les-Bains. Cette petite ville est chère à mon cœur puisque c’est le berceau de ma famille paternelle. Le nom de Julia est d’ailleurs très répandu dans la région. L’occasion de remonter aux sources de mes origines catalanes...

Voir